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Georges FRECHIN est, à juste titre, tenu
pour un des meilleurs sculpteurs de notre région. Comme ses pairs,
il agit et oeuvre, dans sa démarche, en moderne démiurge
se voulant en prise directe avec les forces telluriques et élémentaires.
II aspire, dans et par sa création personnelle, faite d'intuition sensible et de rigueur formelle, à capter et à canaliser leurs énergies secrètes, leur dynamisme vital, qu'il travaille le fer forge ou de beaux bois. II a, comme on sait, derrière lui, une oeuvre importante et de qualité. Fidèle à son idéal démiurgique, le sculpteur, dans ses dernières oeuvres, a redonné présence et vie aux arbres morts de son jardin, victimes de l'hiver et des "saisons fauves". II a tiré de la chair de ces grands végétaux des architectures fermement articulées. Puissamment synthétiques et d'une grande franchise d'accent, elles retiennent, saisissent, par leur hiératisme monumental et leur caractère totémique. Perçu dans sa globalité, l'ensemble présence évoque d'abord une forêt pétrifiée. Mais pour qui l'analyse et l'explore plus avant, il revêt la forme d'un labyrinthe. Ce terme, qui désigne au départ un réseau de chemins où l'on a du mal à s'orienter, doit être pris ici dans son acception symbolique et ésotérique. Les formes et les rythmes composant son architecture, déploient des signes et des symboles suggestivement éclairants. Ils se répondent harmonieusement selon la loi de complémentarité analogique axée sur le rapport microcosme (l’homme), macrocosme (la nature). Les uns et les autres mériteraient de longs commentaires. Nous retiendrons a titre d'exemple de symbolique ésotérique, deux belles sculptures aux lignes énergiquement imbriquées qui font penser aux "chefs d'oeuvres" compagnoniques. C'est en opérant avec "science et conscience" une transmutation et à la fin une transfiguration des arbres morts de son jardin que FRECHIN a réalisé son bel et mystérieux labyrinthe. II a voulu, à I'exemple des alchimistes, tenter une première réalisation de son "grand oeuvre" personnel. Percevant des analogies et correspondances inscrites dans le grand temple de la nature, il nous propose un miroir microcosmique reflétant la puissante vie macrocosmique. Son mérite essentiel est d'avoir su faire oeuvre de création personnelle, dans l'esprit de la plus authentique modernité, tout en mettant en oeuvre une iconographie "hermétique" très convaincante parce que hautement signifiante. Ce sculpteur de race nous parait plus que jamais engagé dans la voie royale du cosmique et du sacré. |